De Nœux-les-Mines à Lens ou l’itinéraire d’un homme né pour entraîner

L’arrivée de Gérard Houllier à Nœux-les-Mines relève dans un premier temps d’un concours de circonstances. Joueur de niveau régional au Touquet, c’est d’abord le poste d’entraîneur à Arras qu’il convoite à son arrivée à l’École normale dans la préfecture du Pas-de-Calais. Mais le club a alors déjà jeté son dévolu sur Simon Flak. Parmi ses amis, il compte Patrice Bergues et Guy Debeugny. Ce dernier, entraîneur de l’équipe première nœuxoise en D2, est alors également professeur d’éducation physique et a besoin de s’entourer. Il propose donc à Gérard Houllier de prendre en charge la réserve et les juniors. « Les entraînements, c’était le soir à 18 heures, quatre à cinq fois par semaine », se souvient Guy Debeugny. Les deux hommes font équipe pendant deux ans, la première soldée par un maintien, la deuxième par une descente. Gérard Houllier fait alors ses débuts de numéro 1, déjà précédé d’une réputation de travailleur et de perfectionniste. Des qualités qu’évoque Jean-Pierre Lancry, kinésithérapeute des grandes heures nœuxoises, complice et compagnon de chambre du coach lors des déplacements : « Il me sollicitait très régulièrement, il venait me voir au cabinet tous les jours pour prendre des nouvelles des joueurs. De leurs jambes, mais aussi de leur tête… Il était très méthodique. »

L’US Nœux de l’époque, même la grande, c’est encore celle où les joueurs ne sont plus tout à fait amateurs, pas encore vraiment professionnels, celle ou un mécène passionné de foot et de son club s’investit sans compter. Bernard Leroy, des magasins Leroy-Merlin qui ont alors leur siège dans la cité artésienne, est indissociable de cette aventure. Gérard Houllier cherchait un défenseur central, Victor Résola, alors avant-centre, conseille de faire venir Alain Tirloit du LOSC. Lui comme tant d’autres seront salariés de l’entreprise le jour, footballeurs le soir. Mais la priorité restait le foot. Jusqu’à la mort du patron dans un accident de voiture en 1982. La belle aventure en D2 n’a pas longtemps survécu à cette disparition.

Gérard Houllier répond alors favorablement à la proposition de Jean Bondoux, président du RC Lens, entraînant dans son sillage quelques Nœuxois, dont Pascal Le Provost et Alain Tirloit. Ce dernier se souvient de l’intelligence de son ancien entraîneur resté un ami : « Il avait voulu s’entourer de gens d’expérience comme Arnold Sowinski. Une preuve d’humilité. Il m’avait dit un jour : « Arnold, avec son expérience, il m’a fait gagner douze points cette saison ». En début du championnat 82-83, on annonce Lens entre la 18e et la 20e place. Nous sommes invaincus jusqu’à la dixième journée où on perd à Brest 2-1. On termine le championnat à la quatrième place. Gérard avait fait un boulot incroyable. 
»

Un boulot qui allait mener le Racing à l’Europe avec une mémorable campagne belge contre la Gantoise, Anvers, Anderlecht. Il avait appris son métier à Nœux-les-Mines, forgé sa réputation à Lens pour finalement triompher à Liverpool, dans la patrie mère du football.

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