Lille et Lens, cinq histoires d’un derby

9 mai 1948, Coupe de France (finale) : Lille – Lens, 3-2

Les deux clubs se sont affrontés à plusieurs reprises en Coupe de France, certaines de ces rencontres ont été homériques et la dernière en date a d’ailleurs vu les Sang et Or, menés 2-0, renverser les Dogues grâce à un immense Seko Fofana (2-2 a.p., 4-3 aux t.a.b., le 4 janvier 2022). Mais leur opposition la plus importante dans l’épreuve a été… la toute première ! Pour la seule fois dans l’histoire de la compétition, les voisins s’affrontent en finale et le suspense demeure entier à la 86e minute.

Devant 60 739 spectateurs à Colombes, un record à l’époque, les deux équipes sont à égalité 2-2 quand le gardien Witkowski effectue un long dégagement. À la lutte avec Golinski, Jean Baratte récupère le ballon avant d’aller tromper Duffuler (3-2, 86e). Mais une polémique éclate : l’attaquant semble avoir fait faute après s’être défait du défenseur d’un coup de coude. Qu’importe pour le LOSC : vainqueur de l’épreuve pour la troisième fois d’affilée, il égale le record établi par le Red Star en 1921, 1922 et 1923.

La joie des Lillois après leur victoire en Coupe de France en 1948. (L’Équipe)

5 février 1977 (24e journée) : Lille – Lens, 0-1

On joue seulement la 24e journée mais Lille, décroché au classement, doit absolument s’imposer pour croire en ses chances de maintien. Disputé dans un stade Grimonprez acquis pour moitié à la cause de son adversaire, ce match va mettre un terme à ses espoirs. Déjà vainqueur à l’aller (4-2), Lens s’impose dans ce derby où le LOSC a manqué d’efficacité, à l’image de ce poteau trouvé par Parizon dans un angle fermé (32e).

Douze minutes plus tôt, Françoise a marqué le seul but de la rencontre, d’une « mine » dans le but de Chemier (20e). Le penalty raté en seconde période par Bousdira, le milieu Sang et Or voyant sa tentative repoussée par le gardien, ne change rien. Futur vice-champion de France, le Racing a mis à genoux son hôte. « Lens et Françoise condamnent Lille », titre d’ailleurs L’Équipe dans son compte rendu. Le LOSC finira 19e, bien loin du premier non-relégable.

Daniel Leclercq et Lens font très mal, ce jour-là, aux Lillois. (L’Équipe)

26 avril 1997 (34e journée), Lens – Lille : 1-0

Cette fois, les deux équipes sont menacées de relégation. Seuls cinq points séparent Lens, 15e avant cette rencontre, de Lille, 17e. Mais leurs trajectoires connaissent des courbes opposées. Battus lors des quatre précédentes journées, les Dogues sont en chute libre et le remplacement de Jean-Michel Cavalli par Hervé Gauthier n’a pas l’effet escompté. C’est tout le contraire à Lens, où la nomination comme entraîneur de Roger Lemerre à la place de Slavo Muslin a fait un bien fou à des Sang et Or en plein redressement.

Cette rencontre va marquer un tournant décisif dans la lutte pour le maintien. À la 24e minute de jeu, Philippe Brunel élimine Jean-Marie Aubry et délivre le stade Félix-Bollaert (1-0), qui n’avait plus assisté à une victoire de ses protégés dans le derby depuis 12 ans. Mais l’essentiel est ailleurs. Avec ce résultat, les Lensois s’éloignent définitivement de la zone rouge où ils envoient Lille pour la première fois de la saison. Le LOSC n’en sort plus : 18e, il retourne en D2, 19 ans après.

10 mai 2008 (37e journée), Lille – Lens : 2-1

« Un derby pour la vie », titre L’Équipe dans sa présentation, preuve de l’extrême importance de cette rencontre. Malgré la présence de joueurs comme Carrière, Monterrubio, Hilton, Aruna ou Loïc Rémy, Lens, 17e, joue son avenir chez son voisin lillois, 5e et en course pour une qualification continentale. Bien décalé par Mavuba, Cabaye ouvre le score avant la pause (43e), Frau double la mise après l’heure de jeu (2-0, 66e) et si Monterrubio réduit l’écart sur penalty presque dans la foulée (2-1, 69e), le score n’évolue plus.

La formation co-entraînée par Jean-Pierre Papin et Daniel Leclercq rétrograde à la 18e place avant l’ultime journée, mais Gervais Martel se veut confiant. « Cette défaite ne nous condamne pas », affirme le président du RCL. Il a tort. Dix ans après son titre de champion, Lens prend la direction de la L2 après son nul final contre Bordeaux (2-2). Accroché de son côté à Lorient (1-1), le LOSC laisse échapper l’Europe, après avoir plongé son rival dans les abîmes.

La détresse d’Eric Carrière, alors que Lens file en Ligue 2. (P. Lablatinière/L’Équipe)

7 mai 2021 (36e journée), Lens – Lille : 0-3

Les enjeux sont considérables avant ce match. À la lutte pour le titre, Lille peut laisser sa place de leader en cas de mauvais résultat, comme Lens abandonner l’idée d’une possible qualification en Coupe d’Europe. Pour les Sang et Or, à peine remontés dans l’élite, l’heure est à la fête : les supporters soufflent le chaud en accompagnant par milliers, lors d’une formidable procession, le car de leurs protégés jusqu’au stade.

Mais la douche froide est presque immédiate. Dès la première minute, Lille bénéficie d’un penalty transformé par Yilmaz (4e), Lens est ensuite réduit à dix après l’expulsion de Michelin (35e), et le Turc clôt le suspense d’une frappe monstrueuse du gauche avant la pause (2-0, 40e). En seconde période, David alourdit le score (3-0, 60e). La victoire est nette, mais les Lensois, amers, critiquent l’arbitrage de Clément Turpin. « J’ai l’impression qu’on est des voyous », fulmine même Jean-Louis Leca en conférence de presse. Pour le LOSC, le plus dur est fait : deux semaines plus tard, il est champion pour la quatrième fois de son histoire.

publié le 9 octobre 2022 à 08h30 mis à jour le 9 octobre 2022 à 08h30

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1 commentaire

  1. #97998 Illustration du profil de NicoLens 99

    Le plus beau, c’était en 97 quand Brunel marque et envoie le losc en D2. J’étais abonné en Marek à l’époque et la saison avait été pénible et stressante. Heureusement qu’on avait pris de l’avance en gagnant les 4 premiers matches et que Roger Lemerre avait réussi à redresser l’équipe après le départ de Muslin. Meyrieu et Rychkov s’étaient faits virer aussi et Vercruysse était revenu pour les 6 derniers mois. Leclercq avait été nommé par la suite et un an plus tard on était champion. Quelle belle époque !

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