Jonathan Clauss (Lens) : « J’ai du mal à réaliser »

« Êtes-vous surpris par le bon début saison du RC Lens ?
Non, pas spécialement. Plein de gens ne nous attendaient pas à ce niveau-là. On confirme que notre équipe fait preuve de cohésion, qu’elle travaille, qu’elle fait des efforts.

Au point d’endosser le statut de favori pour la réception de Saint-Étienne ce samedi ?
On est conscients de nos forces. Ça ne va pas être facile. On essayera d’être concentrés, appliqués. On craint leur aspect offensif, leur manière de jouer. On essayera de les en empêcher. C’est une équipe hyper jeune, technique, qui produit beaucoup de courses. Ils viennent de prendre 3-0 (contre Rennes). Ils auront à coeur de renouer avec la victoire.

Votre entame de saison vient-elle en partie de votre supériorité athlétique ?
On a un collectif très costaud physiquement et mentalement. Tout le monde fait les efforts pour tout le monde. On est très connectés. On ne rechigne pas au combat. Cela fait beaucoup de différences à l’arrivée. Quand on voit les données athlétiques, cela prouve qu’on est prêts et que l’on veut imposer notre énergie. Cela nous coûte mais on le fait sans états d’âme car le partenaire en fait autant. Notre groupe est très ouvert. On y discute beaucoup. De tout avec tout le monde. Personne ne se braque pour un sujet ou un autre.

« Regarder les autres jouer, c’est très dur. J’ai eu beaucoup de soutien de ceux qui m’entourent. On a discuté avec la psychologue du club. Il a fallu que je me calme »

Est-ce que l’on s’habitue à jouer sans beaucoup de spectateurs ?
C’est surtout qu’on n’a pas trop le choix ! À un moment donné, il faut s’adapter. Et vite. Malgré tout, nos 4 000 supporteurs, ils font du bruit. Il y a de l’ambiance. Ça nous pousse quand même. Après, une fois qu’on est dans notre match, on va forcément mettre de l’intensité. Mais avec les supporteurs, on peut aller chercher ce petit plus.

Où en êtes-vous après votre isolement de début de saison relatif au Covid-19 ?
Je progresse. Je me sens mieux. J’ai eu beaucoup de discussions avec le staff. Je me sens capable de finir un match. Après, ce n’est pas moi qui gère les temps de jeu. Le staff fait ça très bien. Mon isolement a été très dur à vivre. Surtout les deux et trois premiers jours. J’étais énormément frustré, énervé. J’arrivais dans un nouveau club et je voulais prouver. Or là, j’étais bloqué dans ma chambre à la Gaillette. Regarder les autres jouer, c’est très dur. J’ai eu beaucoup de soutien de ceux qui m’entourent. On a discuté avec la psychologue du club. Il a fallu que je me calme. C’était peut-être un mal pour un bien : je n’avais pas eu beaucoup de vacances (15 jours) et la saison précédente avait été très longue. À l’intérieur, ça piquait (bouillait). Mais je me suis dit que ce n’était que deux semaines dans une saison. En y réfléchissant, j’ai aussi culpabilisé sur cette erreur. Ça peut arriver n’importe quand. Mais j’aurais pu être encore plus prudent quand ma copine est venue de Strasbourg. Mais je n’ai eu aucun symptôme. J’ai essayé de les chercher. C’était d’autant plus frustrant.

Vous avez retrouvé une place de titulaire depuis le match à Lorient (3-2). Comment le vivez-vous ?
J’ai du mal à réaliser. J’en discute avec mon père. Il me dit que je fais en L1 ce qu’on ne me pensait pas capable de faire. Je prends ce que j’ai. Je ne m’attarde pas sur le fait d’être en L1 (Il arrive de D2 allemande). Ou sur le fait que Lens, c’est un autre monde. Je me suis mis pas mal de pression avant Lorient. C’était aussi mon premier match. Après la grosse performance de l’équipe contre Paris (1-0), il ne fallait ne pas décevoir. Pendant deux jours, j’étais un peu stressé. »

publié le 1 octobre 2020 à 14h41

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