Football: les années rugby du très discret Laurent Bessière, directeur de la performance du RC Lens

Issu du milieu rural, c’est à Luc-la-Primaube, à une dizaine de kilomètres de Rodez, que Laurent Bessière a nourri ses envies de très haut niveau. Et si c’est le football qui le passionne prioritairement, le ballon ovale va également jouer un rôle primordial dans son apprentissage. Après cinq ans passés à la préparation physique du club de foot de Rodez, qui évoluait alors dans les championnats amateurs, Bessière surprend son monde en 2010. Il répond favorablement à l’appel de Philippe Laüt, président du Stade Rodez Aveyron : «
 On voulait de la rigueur à tous les postes. Tout le monde me disait : mais pourquoi donc aller chercher un footeux ? Le foot a toujours généré des techniciens de haute qualité. J’ai donc pensé à Laurent, un Aveyronnais discret, travailleur, aux racines profondément ancrées dans son territoire. Le moins que l’on puisse dire, c’est que je n’ai jamais regretté ce choix. 
»

« Mettre la tête là où d’autres ne mettraient pas le pied »

Localement, la gentille guéguerre foot-rugby reste sage. « Tout le monde est quand même tombé sur le cul, se marre encore Stéphane Hurel, journaliste à la Dépêche du Midi.
L’habitude était encore alors d’aller chercher des préparateurs venus du monde de l’athlétisme. Mais l’option de Laurent Bessière a vite été payante. Ici, c’est une région où les gens sont durs au mal, où on aime l’effort, où il faut être rugueux. C’est la ruralité, à 600 mètres d’altitude. On aime le dépassement. Ce n’est pas un hasard si les gens d’ici aiment le cross ou le marathon. Pour Laurent, c’est pareil. À ses yeux, au foot, il faut que les mecs n’aient pas peur de mettre la tête, là où d’autres ne mettraient pas le pied. »

Un homme de parole

Philippe Laüt raconte. « Sur le terrain, nos ‘’gros’ de devant sont vite devenus impressionnants physiquement. On est monté en Fédérale 1. Rapidement, son travail a attiré les regards du SC Bastia, alors en L2. » Et l’ex-président des rugbymen aveyronnais d’expliquer. « Laurent m’avait donné sa parole pour rester deux ans. Je savais qu’il avait d’autres opportunités. On s’est alors vu à l’intersaison. Il m’a répété sa gratitude et qu’il restait avec nous. L’engagement moral n’est pas un vain mot pour lui. Ce sont des valeurs qui ont tendance à être rares en sport. Laurent est quelqu’un de brillant dont les qualités humaines sont à la hauteur de ses immenses compétences. » Pour ceux qui, en Aveyron, l’ont vu naître au métier, personne ne semble surpris de le voir aujourd’hui performer dans la performance de clubs pros. « Il n’a aucune limite, s’enthousiasme Philippe Laüt. Il ne cherche pas la gloriole et vous ne le verrez pas parader sur les réseaux sociaux. Son cursus est exceptionnel mais il ne se satisfait jamais de l’acquis. Il est pointu, veut toujours progresser. Il finira en équipe de France. » De football, s’entend. À moins qu’un nouveau rebond facétieux, tel le caprice d’un ballon ovale, ne l’envoie un jour à Marcoussis.

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