Vedran Runje : « Repartir de zéro »

Pourtant annoncé sur le départ pendant plusieurs semaines, Vedran Runje a prolongé son contrat jusqu’en 2011 pour le grand bonheur de tous les supporters Sang et or. Le portier croate de 32 ans gardera bien les cages lensoises l’année prochaine bien qu’un transfert vers Monaco était proche de se conclure. Le nouveau patron de la défense continuera donc l’aventure en Ligue 2 avec Lens. Interrogé par le site FranceFootball, il ne cache pas son ambition et son envie de repartir sur des bases saines :

Vedran Runje, vous étiez annoncé partant et vous avez finalement décidé de rester à Lens, même en Ligue 2. Pourquoi ?
Tout d’abord, j’ai un contrat avec Lens. Ça ne se casse pas comme cela, un contrat. Et puis, honnêtement, j’avais envie de rester. Ici, il y a des conditions excellentes pour travailler. Lens est un grand club, c’est un beau challenge de vouloir remonter. Je suis content de faire partie de ce projet.

Vous étiez l’un des plus vindicatifs lorsque Lens a commencé à sombrer. Vous êtes-vous décidé à rester parce que vous vous sentez coupable de ce qui est arrivé ?

Non, ce n’est pas cela. Mais c’est vrai qu’il fallait faire quelque chose pour sauver le club. C’est la moindre des choses.

Comment jugez-vous vos coéquipiers qui n’ont qu’une envie, partir sans se soucier du sort du club, contrairement à vous ?

Chacun son point de vue, je ne veux pas juger. Mais, dans la vie, on ne fait pas toujours ce que l’on veut. Moi, j’aimerais beaucoup jouer au Real Madrid mais ce n’est pas possible. Etre à Lens, ce n’est pas la meilleure solution, mais il y a bien pire.

Pensez-vous comme on l’entend partout que Lens va remonter facilement ?
Il y a moyen de faire quelque chose avec ce groupe, c’est évident. Mais il faut faire attention. La saison dernière, malgré les grands noms qu’il y avait dans notre équipe, on est descendu. Il n’est pas question de se prendre pour les plus beaux. D’ailleurs, dans le groupe, personne n’a dit que ce serait facile de remonter. En réalité, tout dépend de nous.

Cette descente peut-elle être un mal pour un bien ? Ne peut-elle pas permettre au club de repartir sur de nouvelles bases ?

Je crois beaucoup à ça. La saison dernière, Nantes aussi était en Ligue 2 et a réussi à se relever. Aujourd’hui, Nantes est en Ligue 1 et semble sur la bonne voie. Quelquefois, dans la vie, il faut repartir de zéro pour retrouver ses bases. Avec le temps, on perd parfois l’humilité, la simplicité et on oublie que ce métier est un privilège. Et que jouer en Ligue 1 est un autre privilège.

Arnaud Tulipier, au Touquet