Pierre Sage regrette son énervement après Brest

Pierre Sage est revenu jeudi lors de sa conférence de presse avant le déplacement à Nice samedi (21 heures) sur son énervement après le nul concédé à Brest (3-3). Très remonté au sujet de la première période de ses joueurs, menés de trois buts à la mi-temps, l’entraîneur n’avait pas hésité à tancer notamment les habituels remplaçants, coupables à ses yeux de ne pas s’être mis au niveau de l’événement.

À la question de savoir si son petit coup de gueule avait pu créer des tensions auprès de joueurs qui se seraient sentis visés, il a répondu cash : « On va enlever le petit et le conditionnel. C’était un vrai coup de gueule et les joueurs se sont vraiment sentis visés. C’est comme une situation de conflit dans une famille. C’est justement dans ces moments-là qu’on voit le niveau d’amour. Ce n’est pas parce qu’il y a un conflit dans un système que celui-ci est forcément ébranlé. À l’inverse, il doit aussi trouver sa ressource à l’intérieur. Et même quand le patriarche déconne, puisque ça a été le cas car j’y suis allé vraiment très très fort… »

Sage admet une trop grande sévérité dans son jugement dans une période où Lens enchaîne les bonnes performances. Et réussit une saison exceptionnelle. « Je dois aussi montrer aux joueurs et au groupe que je les aime beaucoup et qu’on a beaucoup de choses à défendre encore, insiste-t-il. Ils ont tellement de beaux objectifs à atteindre. » Il a compris et entendu que ses sorties récentes, même après le match amical contre Rouen (2-1, 11 avril), n’ont pas été vraiment bien prises.

Sage, un jeune entraîneur qui découvre les spécificités relationnelles de ce métier à part, a saisi très vite l’impact de son discours. Il l’a même perçu dès les premiers regards à l’entraînement. « C’est comme tout, au début on n’ose pas se regarder, après, on se regarde un peu, on se fait des clins d’oeil et on va prendre un café ensemble… » Mais il a fallu crever l’abcès. « Il y a surtout une discussion franche et sincère et c’est important de se dire les choses même si ça fait très mal. Car ça amène aussi la possibilité de se dire d’autres choses qui étaient nécessaires et peut-être un peu plus profondes. »

Sage admet : « J’aurais pu faire en sorte qu’ils vivent avec ça. Mais ce sont des dégâts que je ne pouvais pas laisser ça sous silence. Je me suis permis de leur donner ma position par rapport à la situation générale et par rapport aux reproches que je leur avais fait. Et ce n’est pas parce qu’on engueule quelqu’un ou qu’on l’affiche qu’on ne l’aime pas forcément. » Même si les joueurs ne le perçoivent pas nécessairement ainsi, ce qui peut provoquer des conséquences imprévisibles. « Mais il y a toujours un lendemain aux choses et on a de beaux lendemains à vivre ensemble, poursuit Sage. C’est une période en fait. À Lille (0-3, 4 avril), il a manqué des choses, contre Rouen aussi et forcément à Brest. Et de temps en temps, mon rôle, c’est de distribuer des bonbons ou de taper. Et taper peut-être fort, peut-être maladroitement. Je reste quelqu’un d’humain, entier, honnête et transparent, j’imagine. Mais je sais reconnaître aussi quand c’est très mal… Et là pour le coup, c’était très, très mal. »

Sage va en retirer des axes de réflexion à l’avenir. « Et à l’inverse, les joueurs ont peut-être aussi découvert une facette de moi qui me sort aussi de l’image qu’on me donne du genre idéal et de l’éducateur de jeu. Lorsque la compétition nous amène à être dans une exigence maximale, il est possible aussi que de temps en temps, je sorte de mes gonds, que je sois capable de dire que c’était nécessaire et que je sois capable aussi de dire que j’ai déconné pour faire en sorte que le bateau continue à avancer tranquillement sur sa trajectoire. Et je n’ai pas l’impression aujourd’hui que le navire tangue, bien au contraire. » Réponse déjà à Nice samedi, et lors d’une fin de saison palpitante.

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3 commentaires

  1. MEFMC
    #116954 MEFMC 🏅💬 -

    P.Sage a eu raison de remobiliser ses troupes. Les joueurs ont fait une première mi-temps de merde et ils méritaient de se faire enguirlander. Maintenant exprimer son mécontentement au micro des journalistes, peut être pas mais au moins on a vu qu’il ne se dégonflait pas.
    C’est très bon d’être franc et le dire en face que derrière. Bravo Pierre, reste encore longtemps au RCL on a besoin de toi.

  2. NicoLens
    #116952 NicoLens 🏅💬 -

    Il n’aurait pas dû en parler publiquement. Ce qui se passe dans le vestiaire ne regarde personne.

  3. Fidel
    #116950 fidel 🎯📝 -

    Il a raison à 100% notre première mi-temps est pitoyable!!! Allez Lens

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