Approché par Nice cet été avant de signer à Lens dans les dernières heures du mercato (acheté 3,7 M€ à Crystal Palace), Odsonne Édouard ne jouera donc pas un derby à Monaco ce samedi, mais son appétit grandit de semaine en semaine. Comme si son but à Auxerre (2-1, le 4 octobre), après un an et demi sans marquer avec Palace puis Leicester – où il a carrément été mis au placard – avait été un déclic. Parti de Ligue 1 par une triste porte en signant au Celtic à l’été 2017, l’attaquant de 27 ans est effectivement en train de réussir son « nouveau cycle » en France : il a marqué lors de quatre des cinq dernières journées et présente le deuxième meilleur ratio d’occasions converties de L1 derrière Robinio Vaz (4 buts en 9 tirs, contre 4 en 7 tentatives pour le Marseillais).
« Odsonne Édouard, vous n’avez encore rien vu ! C’est un attaquant exceptionnel. Accrochez vos ceintures », annonçait Florian Thauvin dans une forme de prophétie, deux jours avant sa première réalisation dans l’Yonne, d’une frappe croisée du gauche. Le droitier a ensuite marqué de la tête contre le Paris FC (2-1, le 19 octobre), d’une panenka « au feeling » face à l’OM (2-1, le 25 octobre) et d’un pointu du gauche contre Lorient dimanche (3-0).
« L’adrénaline du but m’avait manqué, ça me redonne de la confiance, du plaisir », souriait l’attaquant ce jeudi. Mais ce n’est qu’une phase de rodage selon lui. « J’attends plus de moi, aujourd’hui on a Odsonne Édouard à 70 %, mais je me sens de mieux en mieux, poursuivait-il au sujet de son physique, après deux ans avec un temps de jeu faible puis inexistant. Quand je serai à 100 % tout le monde le verra sur le terrain. »
« L’idée, c’était d’aller chercher ce côté revanchard chez lui et de faire en sorte qu’il réponde de par son profil aux besoins qu’on avait dans le jeu. On voulait que la faim qu’il avait de redorer son image et de retrouver son niveau de performance soit le meilleur levier pour qu’il commence bien son aventure ici, et on est assez contents de la trajectoire que ça a pris, retrace Pierre Sage, au sujet de l’approche sang et or pour qu’il retrouve le rythme. Maintenant, on attend de lui qu’il atteigne le fameux 100 % pour devenir le joueur qu’il était il y a quelques années, avec l’expérience qu’il a cumulée depuis (…) Il fallait qu’on se souvienne du joueur qu’il était, qu’il est toujours au final, avec une marge de progression restante. »
Au-delà des buts, le nouvel entraîneur lensois, qui avait demandé cet été « un attaquant “joueur” plutôt qu’un attaquant de surface ou de profondeur uniquement, quelqu’un qui participe à la construction du jeu et du déséquilibre », salue son adaptation dans son collectif, notamment dans le jeu dos au but.
Mais son efficacité est aussi bienvenue dans une équipe qui en manquait ces dernières années. Lorsqu’il avait retracé son parcours cahoteux dans « L’Équipe » il y a deux semaines, Édouard avait osé un surprenant « Pourquoi pas ? » lorsque nous évoquions sans trop y croire la barre utopique des 30 buts pour lui cette saison. Une faim visible ces dernières semaines.
Il faut qu’il continue comme ça. On compte sur lui.
C’est vrai qu’Edouard est en nette progression depuis quelques rencontres mais de là à marquer 30 buts cette saison je n’y crois pas.
Déjà 10 ce serait très bien.