Un rapide retour sur la saison

Vacances ! Officiellement en tout cas. Les joueurs lensois ont terminé leur exercice 2012/2013 par un défaite hier soir au Mans. La conclusion de dix mois d’efforts, de sacrifices, de joies mais aussi de doutes. Retour sur une saison de « transition ». Une de plus en attendant de meilleurs jours.

Ils ont redonné le sourire

Eric SikoraEric Sikora

Au lendemain de la défaite contre Monaco 4-0 (8e j.), Jean-Louis Garcia est démis de ses fonctions. Les dirigeants artésiens confient la lourde tâche de remettre le club dans le droit chemin à un homme du cru. Eric Sikora prend les rênes du Racing. « Siko, ce n’est pas un choix par défaut. C’est quelqu’un de très efficace qui a une vraie culture du club. Il a 44 ans, il connaît les hommes, le management. Il a du caractère, il tranche, il assume. C’est un choix bien pensé », argumente Antoine Sibierski. Le directeur sportif a vu juste. Après une première lourde défaite à Nantes, Lens va se remettre à l’endroit. D’octobre à janvier, les coéquipiers de Jérôme Le Moigne ne perdent plus. Au soir du 30 novembre, Lens pointe à une heureuse cinquième place. Son meilleur classement cette année. Du coup, la montée devient un objectif réalisable. Eric Sikora se prend au jeu même s’il sait que son équipe donne alors son maximum. « L’objectif reste le même, les 43 points. » Réaliste, coach. Après une première déconvenue à Dijon, les Sang et Or vont chuter successivement à Angers, Monaco et contre Nantes. Sur les treize derniers matchs, le RCL n’a gagné qu’une fois. Le rythme d’un relégable. Heureusement, les points pris auparavant assurent au jeune groupe un maintien confortable. Preuve finalement que le travail a été fait correctement. Après tout, l’objectif de la saison est atteint. En plus du sportif, Eric Sikora a su insuffler un nouvel état d’esprit. Ces joueurs sont redevenus guerriers et « personne ne triche » à l’intérieur du groupe. Ovationné à chaque sortie par Bollaert, Eric Sikora a fait le job.

Derrière le duo Valdivia-Touzghar, c'est le néant. Yahia, troisième buteur du club, n'a inscrit que 4 réalisations...
Derrière le duo Valdivia-Touzghar, c’est le néant.
Yahia, troisième buteur du club,n’a inscrit que 4 réalisations…

La doublette Valdivia-Touzghar

14e attaque de Ligue 2, on se demande encore ce qu’il en aurait été sans ce duo. Prêté par Amiens, Yoann Touzghar a mis quelques mois avant de trouver ses marques. Mal utilisé par Garcia (sur le front droit de l’attaque artésienne), Touzghar a été replacé dans l’axe avec l’arrivée d’Eric Sikora, poussant David Pollet sur le banc puis au départ. Une saison dans l’Artois et un bilan satisfaisant : 11 buts. Son absence depuis la 31e journée n’est pas étrangère aux récentes difficultés lensoises devant les cages adverses. Avec lui, un autre bon coup a été fait lors du dernier mercato estival. Pierrick Valdivia arrivait de Sedan avec la réputation d’un joueur talentueux et précieux dans la récupération. Il termine cette saison 2012/2013 avec celle d’un milieu adroit devant le but. Comme Yoann Touzghar, l’ancien ardennais a scoré à 11 reprises (13 en comptant la coupe). Mieux, Lens l’a quasiment emporté à chaque fois que le numéro 18 trouvait la faille. Avec lui, c’est 8 victoires, 3 nuls pour une seule défaite. Les deux pièces maîtresses (22 buts sur 38) du dispositif artésien devraient être présents à la reprise, pour le plus grand bonheur de tout un club.

Un Bollaert rayonnant

Irréprochables dans les moments difficiles, merveilleux sous l’ère Sikora, fabuleux en coupe de France, grandiose contre Istres. Il n’y a pas assez de superlatifs pour qualifier ce public magique. Plus de 17 000 spectateurs de moyenne, un pic à 27 000 pour la dernière sortie de l’année, et un stade comble pour Bordeaux. Bollaert-Delelis n’a pas loupé son année.

 

José Pasqualetti, coach istréen, a tout résumé : « En tout cas, ce public-là mérite plus que tout la Ligue 1. » Tout est dit, ou presque. La meilleure image reste forcément celle de Bordeaux. Mobiliser autant de monde en si peu de temps… L’enceinte lensoise a revêtit le temps d’une soirée ses habits de gala. Les tribunes ont tremblé. A cette fin de match rocambolesque, il n’a manqué qu’une égalisation pour faire exploser le chaudron. Il était déjà en fusion. Est-ce un regret ? Non, du pur bonheur de voir une ville, un bassin, un département vibrer pour son club. Une popularité hors-normes qui fait toujours pâlir nombre de formations de l’élite. Et qui est entrain de sauver Lens de la disparition.

Ils ont déçu

Jean-Louis Garcia

Maître tacticien à son arrivée, il aura réussi à monter tout un groupe contre lui. Sa première année à Lens n’a pas été d’une grande réussite. Douzième à l’arrivée, il s’est vue offrir une deuxième chance. En pleine refonte des finances du club, difficile de se séparer de l’ancien angevin et de tout son staff. Eux qui avaient signé un contrat de quatre ans. Et après cinq premières journées marquées par quelques belles promesses mais un trop plein de matchs nuls, la sanction tombe. En deux temps. Angers puis Monaco viennent corriger Lens dans son antre (1-3 et 0-4), Garcia est remercié. D’anciens joueurs partis l’été dernier n’hésite pas à tacler leur ex-coach. Au sein du groupe, le soulagement est perceptible. Mais les joueurs n’en disent rien. Officiellement. Un peu plus d’un an de choix parfois étranges et d’une méthode remise en cause par ses propres troupes, JLG quitte l’Artois. Il faudra néanmoins retenir de lui sa grande connaissance du football et une philosophie de jeu respectueuse. Elle n’a pu s’implanter à Lens.

YahiaUne attaque famélique 

La force de frappe du Racing a déjà été soulignée cet hiver. Après une vingtaine de journée, l’attaque lensoise tournait à 0,95 but par match. Quatre mois plus tard, cela ne s’est pas arrangé. Un seul but par rencontre. Et quand on s’aperçoit que face à Châteauroux, les coéquipiers de Yoann Touzghar en ont inscrit quatre… Sur les onze dernières sorties, Lens n’a marqué qu’à sept reprises. Le bilan est faible : une unique victoire. Pourtant, Lens fait le jeu, se crée des occasions. Le réalisme est absent. La faute à un manque de solutions. Sur les ailes, Jérémie Bela, Ange-Freddy Plumain et Lalaïna Nomenjanahary manquent de précision. Dans l’axe, il n’y a que Yoann Touzghar pour forcer la décision. Dème N’Diaye, bien qu’entreprenant, n’a pas l’instinct du buteur. Le geste juste. Baptiste Guillaume pourrait représenter la solution idoine l’année prochaine. La carte à jouer est belle pour le jeune attaquant sang et or.

Un effectif trop limité offensivement, des joueurs trop brouillon mais aussi un style de jeu qui favorise le regroupement des formations adverses ont eu raison des offensives lensoises. 38 buts en 38 journées, c’est bien peu…

Des vacances prises trop en amont

FradjOn la sentait venir. Cette fin de saison en eau de boudin. Début avril, il n’y avait déjà plus de suspense quant à l’issue du championnat. Lens allait terminer en roue libre dans le ventre mou. Bien que professionnels, les acteurs n’avaient plus cette pression positive qui transcende. Un boost naturel. Chacun en a moins fait. Cette équipe a terminé l’année comme elle l’avait commencé. Par une succession de nuls et quasiment aucun succès. Elle serait passée inaperçue s’il n’y avait pas eu la claque de Guingamp. Cette soirée au Roudourou ne sera pas oubliée de ci-tôt. 7-0 à l’extérieur, du jamais vu pour le club. Les façons de perdre sont multiples. Celle-ci était peut-être la pire. L’image du club s’en est retrouvée souillée, dégradée. Depuis septembre, Eric Sikora et ses joueurs s’attachent à redorer ce blason. Pas ce 10 mai. Précédemment, ce sont les organismes des cadres qui ont commencé à lâcher. Le Moigne, Touzghar, Valdivia à l’infirmerie et toute l’équipe sur les rotules. Alexandre Coeff la soulignait sur twitter.

Vendredi au Mans, il n’y avait que quinze noms sur la feuille de match. Huit étaient restés dans l’Artois. Le résultat, un nouveau revers (2-1). « Il faut vite que la saison se termine. Nous étions à la limite du ridicule. » Voilà Eric, c’est fait.

5 commentaires

  1. Illustration du profil de blandiacum

    Difficile de se faire une idée sur le potentiel réel de l’équipe lensoise. Un trio s’est détaché du groupe Valdivia, Lemoine et Touzghar et à un degré moindre Baal et je pense qu’il faudra bâtir autour d’eux s’ils restent dans l’artois.
    On pourrait également y ajouter Bela et Coeff mais avec six ou sept joueurs de la Cfa on ne peut tenir la distance par rapport à ce que j’ai vu (manque de motivation, discipline etc….).
    Ensuite, des joueurs comme Sow, N’Dyane et même Riou s’il a été miraculeux sur certains arrêts a commis beaucoup d’erreurs d’improvisation dans son placement et son sens de l’anticipation!!!
    Yoan Démont pourrait rejoindre le staff même s’il est courageux sur le terrain, les années commencent à peser!!!!
    Nomanj. à revoir, Plumain, St Ruf difficile de se faire une idée!!!!

  2. Illustration du profil de blandiacum

    Difficile de se faire une idée sur le potentiel réel de l’équipe lensoise. Un trio s’est détaché du groupe Valdivia, Lemoine et Touzghar et je pense qu’il faudra autour d’eux s’ils restent da

  3. Illustration du profil de LOLO dit LOLO

     » il aura réussi à monter tout un groupe contre lui. » … perso j’ai entendu aucun joueur de l’effectif actuel critiquer Garcia mais bon … seuls Mathlouthi et Toudic se sont exprimés clairement contre lui et on a vu ce qui leur est arrivé lol.

    1. Illustration du profil de sentry

      Surtout que si on regarde bien, le bilan de Sikora niveau jeu et résultat, c’est pas mieux, limite pire…donc pour moi c’est facile de tirer à boulet rouge sur Garcia.

      Sikora a de la chance d’être du cru…

    2. Illustration du profil de zidane98

      Ouai enfin il faut remettre les choses dans leurs contextes, compare l’effectif anorexique de Sikora à l’effectif plétorique et qualité de Garcia (mal exploité au passage!), Cuvillier, Koita, Pollet,Toudic,Berenguer, Kongdobia, Hazard…Ce n’est même pas comparable!

Les commentaires sont fermés.

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