La Lens Académie note Lens-Brest

Horsjeu.net est une bande de jeunes qui pensent que le football ne doit plus être réservé aux élites intellectuelles. Au sein de cette équipe à la limite du footballistiquement correct, Luisette, fidèle supportrice des sang et or, a pour difficile mission de noter les joueurs du RC Lens avec son coeur et parfois ses nerfs, mais toujours avec humour…

La Lens Académie note LENS-BREST (1-1) Lien direct

Voilà voilà. Nous y sommes presque. On a quasiment touché le fond hier.

Si pour nos amis pétroliers, et ils sont nombreux à lire l’intégralité des articles d’Horsjeu, cette situation est souvent signe de réussite, il semblerait que ce ne soit pas le cas en Artois. Déjà parce qu’il n’y a pas de pétrole, ensuite parce que la spécialité locale est d’avantage portée sur le charbon. Enfin, était, car à part faire du ski sur des pistes en plastique en « dévalant » les terrils, le charbon n’est plus très in, même ici. Du coup, même les fils de mineurs ont peur du fond sur lequel cette équipe va finir par lamentablement s’écrouler.

Martel avait beau nous vendre son challenge en 8 matches, on n’y croyait pas des masses. Là, faut vraiment être aveugle pour continuer à espérer se sauver. On est infoutu de battre Toulouse puis Brest chez nous, on n’a donc rien à faire en L1. Point. Footballistiquement, ce match s’annonçait déjà comme une sacrée purge. Eh oui, car si en Artois on n’a pas de pétrole, on a des idées… et des quiches. Et pour l’occasion, on peut dire qu’on n’a pas été déçu par nos quiches. On peut même les féliciter d’avoir tout fait pour ne pas réussir à gagner ce match, parce que c’était quand même pas fait d’avance.

Pour mettre toutes les chances de notre côté, on a même tenté le tout pour le tout : faire jouer Kasraoui. Pour rappel, Kasraoui, quand il a débarqué à Lens, disputait le poste de titulaire en équipe de Tunisie, accessoirement champion d’Afrique avec l’ami Lemerre. Aujourd’hui, Kasraoui n’est plus international, a dû jouer 6 matches en pro, et reste sur un fameux 5-1 reçu à Paris en début d’année en coupe. Sur les 5 pions encaissés, il doit en donner 4…

Du coup l’équation « victoire obligatoire + dynamique positive = maintien » s’est vite transformée en « Obligation de gagner + discours rassurant de chaque membre du club + Kasraoui dans les buts = Triplement des ventes d’anti-anxiolytiques sur le département ».

Le môtch

Le ballon joué par Brest dans notre camp : coup-franc à 35-40m un peu excentré. Grougi envoie dans le paquet, personne ne la touche, la balle arrive sur ce bon vieil Hamdi. Ni une ni deux, il nous sort le grand jeu :

Appuis en reculant, air manchette, détente dans le vide, réception sur les fesses. WAOUH. Coup de bol, ça finit sur la barre et Yahia se sacrifiera sur la reprise à bout portant d’un Breton qui avait suivi.

Coût pour la Sécu rien qu’en remboursement de médoc, 3000 €. Et encore, je ne parle que pour les mecs placés en tribune Marek.

Cependant, s’il faut (parfois) rendre à César ce qui lui appartient, il faut aussi éviter de le couvrir d’une gloire qu’il ne mérite pas. Je serai d’une injustice totale de mettre sur le dos de notre gardien d’un soir ce résultat moisi : il n’a pris qu’un but, sur lequel il ne peut rien. Certes, il déclenchait une apnée systématique de tout le stade, certes l’hôpital de Lens a quintuplé ses admissions annuelles en cardiologie sur une soirée, certes le prochain Goodie à la mode à la boutique du club risque d’être la « couche pour supporter souffrant de déficience périnéale légère», mais ça ne suffit pas pour éclipser l’insignifiance globale de notre prestation d’hier soir. On avait fait le plus dur en ouvrant le score sur quasiment notre seule occasion franche, on a quand même réussi à se chier dessus. Mais comme Brest ne semblait pas trop y croire, on a préféré leur laisser une chance de revenir dans la partie. D’ailleurs, on a tout fait pour qu’ils reviennent.

Déjà en ne menant que 1-0 à la mi-temps. Je passe sur 143 centres qu’aucun de nos attaquants n’a été foutu de toucher, sur le nombre famélique de frappes cadrées et notre nullité totale sur coups de pieds arrêtés pour ne retenir que cette fébrilité dès qu’on rentre dans les 30 m adverses.

Ensuite, en ne tuant pas le match au retour des vestiaires. D’emblée on a reculé de 10m pour laisser un peu d’air aux Bretons, ce qui a permis à l’ami Roux de nous mettre la misère et à notre défense de trembler dès que les cadors que sont Lesoimier et Grougi touchaient le ballon dans notre camp. Pourtant, dès qu’on s’en donnait un peu la peine, on se procurait de belles situations. Baysse semblait avoir suivi le stage de placement « Yohan Démont » et Akalé se retrouvaient systématiquement en position de centre. De l’autre, Ferradj ne m’a pas semblé non plus être infranchissable. Ca ne l’a pas empêché de manger Eduardo…

Enfin, en vendangeant lamentablement nos opportunités. Jemaa a pour cela été particulièrement impérial. Une tête à bout portant qui finit sur la barre et surtout en massacrant une remise d’Eduardo qui le place seul dans les 6m en le reprenant à moitié du nez, à moitié pas et en se jetant misérablement pour tenter de la pousser au fond.

On peut même faire un résumé de notre saison en une action : 72e, Baysse est aux fraises, la défense centrale brestoise n’est pas alignée. Akalé centre au millimètre pour Maoulida, seul à 8-9 mètres du but. Contrôle de la poitrine et énorme volée… dans les genoux d’Elana qui n’a même pas eu besoin de bouger. N’importe quel plat du pied finissait au fond…

Pour couronner le tout, le coaching de Bölöni est presque devenu la quintessence de l’impuissance. Il fait rentrer Maoulida, Sertic et Pollet pour nous faire finir dans un magnifique 4-2-4 avec Varane en latéral droit, Roudet en 6. Alors on pourra parler de manque de chance, de réussite, de fébrilité, de « quand ça veut, ça veut pas », mais il faut se rendre à l’évidence : on est nul.

Mathématiquement, on pourra toujours dire que rien n’est fait, qu’on joue encore toutes les autres équipes de bas de tableau, on a plus de chances de trouver du pétrole sous le stade que de se maintenir.

Les quiches :

Kasraoui : 3. La fébrilité faite homme. Il s’en est néanmoins pas trop mal sorti avec quelques arrêts pas trop compliqués, et en n’en prenant qu’un. Il bénéficie pour autant de toute la panoplie du gardien africain : capacité à mettre le doute à tout un stade dès qu’il doit intervenir, appuis douteux, placement approximatif et relance pourrie.

Aurier : 2. N’a pas été inquiété de la partie jusqu’au but où il a la mauvaise idée de marquer son vis-à-vis à 5m et de le laisser centrer tranquillou. Et comme offensivement, on ne l’a quasiment pas vu…

Touré : 4. Très solide dans les airs, il s’est même laisser à quelques sorties balle au pied percutantes. Rarement pris en défaut, il a parfaitement tenu son rôle en défense, préférant même taper un sprint de 50m et une relance longue pour éviter à Kasraoui de toucher le ballon. Sympa.

Yahia : 2. Beaucoup de fautes, souvent inutiles, un placement plutôt flou, des têtes mal négociées et une constance dans la mauvaise foi ont composé un match de merde pour Yahia. Il effectue sa seule intervention utile en se sacrifiant après la barre de Grougi sur une reprise à bout portant.

Bédimo : 3. Un peu plus offensif qu’Aurier (car côté Eduardo), il lui a manqué cette précision qui nous aurait tant arrangé dans les centres. Une grosse dépense d’énergie qu’il paie en fin de match en ayant toutes les peines du monde à tenir Lesoimier et Roux.

Varane : 2. Une grosse 1e mi-temps ou Grougi n’a quasiment pas touché un ballon dans le jeu, une seconde mi-temps où il n’a plus rien pris. Comment ça il n’y est pour rien si on avait reculé de 10m et laissé la balle aux Bretons ? Et son placement sur le but, c’est cadeau ???

Hermach : 4. Encore un bon match du capitaine lensois, encore une débauche d’énergie mal récompensée. Il a sans cesse colmaté les brèches derrière, constamment cherché le jeu et a même ouvert le score. Alors certes, on peut toujours lui trouver un coup-franc mal tiré ou une passe mal ajustée, mais pourquoi le faire sortir alors qu’on se devait de gagner ???

Roudet : 4. A été dans tous les bons coups, a remonté un nombre incalculable de ballons et semble être le dernier à encore y croire. Et pourtant, quand on voit ce qu’Eduardo et Jemaa font des ballons qu’il s’échine à leur servir, y’a vraiment de quoi devenir fou. Sébastien, ce soir, j’ai mal pour toi.

Akalé : 4. Après avoir passé sa 1e mi-temps à alterner les ailes, il a été le seul à demeurer dangereux jusqu’au bout. Baysse s’est fait casser les reins toute la soirée et ses centres, s’ils manquaient parfois de précisions, ont été à l’origine de toutes nos occasions franches. Manque plus qu’un mec capable de les exploiter.

Eduardo : 1. Il a été nul de bout en bout. Un festival de air-têtes, une capacité constante à faire le mauvais choix, à rater l’avant-dernière passe et à laisser des boulevards derrière lui. Il a en plus la malchance de voir son seul geste réussi de la soirée, une remise de la tête parfaite sur un centre d’Akalé, massacré par Jemaa, seul devant le but. Pour rappel, il avait fait la même pour Roudet face à Marseille avec la même réussite finale…

Jemaa : 1. Il est à l’origine du but et n’a pas de réussite sur son 2e coup de tête sur la barre. Mais voilà, il a l’occasion de tuer le match 2 fois, il les rate. Il a l’occasion de reprendre l’avantage sur la remise d’Eduardo, il rate l’immanquable. Impardonnable.

Les sous-quiches :

Maoulida : 1. N’a pas fait un seul bon choix. 1 point pour être passé sous la barre des 5 hors-jeu.

Sertic : NN. Rentré en lieu et place d’Hermach, pour amener sa « capacité à tirer les coups de pied arrêtés ». On n’a du coup plus récupéré un ballon et on ne s’est pas créé une occasion sur CPA.

Pollet : NN. Vu la réussite de nos attaquants, ça n’aurait pas été fou de le lancer d’emblée. Dommage car il apporte une vraie alternative tactique.

1 commentaire

  1. Illustration du profil de anthony62145

    Les notes sont ultra sévéres !!!!

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