L’heure de la reconstruction

Mardi ou mercredi, on en saura peut-être plus. Après une semaine où les rumeurs ont succédé aux spéculations, Gervais Martel, le président du Racing devrait détailler le nouveau projet sportif du RC Lens. Un projet qui n’a qu’une seule et unique ambition : la remontée en Ligue 1 au bout d’une seule saison en Ligue 2.

« Je n’ai aucun commentaire à faire pour l’instant. La réflexion avance, mais tant qu’une décision n’est pas prise, je ne peux rien dire. Quand tel sera le cas, vous serez informés en temps et en heure, comme je l’ai toujours fait depuis vingt ans que je suis président. Mais ne vous attendez pas à quoi que ce soit avant le milieu de la semaine prochaine, mardi ou mercredi ».

Après une intense semaine de réflexion collective et de calculs dans le cadre du golf d’Arras, le président lensois a sans doute passé un week-end au calme.
S’il n’a pas eu le goût de se rendre à Saint-Denis pour suivre la finale de la Coupe de France, Gervais Martel, en grand passionné de sport, a peut-être jeté un oeil sur les courts de Roland-Garros ou sur le Grand-Prix de Monaco. Mais ses pensées n’ont jamais été loin de son Racing. En effet, les questions demeurent nombreuses alors que le Mercato entre en phase active.

Jean-Pierre Papin est-il toujours l’entraîneur du Racing ?

Poser la question, c’est déjà y répondre. Contractuellement, « JPP » est toujours au Racing. Le ballon d’or a même très envie de relever le challenge de la remontée en L1. Mais lui fera-t-on confiance ? Il est de notoriété publique que Lens cherche un nouveau coach. L’info a vite circulé dans le milieu et de nombreux techniciens ont postulé. Le club n’a d’ailleurs jamais démenti rechercher un entraîneur. Un contexte qui a agacé quelques techniciens, estimant que cette situation n’était pas très correcte pour l’entraîneur en place. Néanmoins, l’avenir de JPP semble s’éloigner de la Gaillette.

Quel rôle pour Daniel Leclercq ?

Le Druide sera bien le directeur technique du Racing. Il souhaite donner une autre mentalité aux jeunes du Racing et leur inculquer un esprit de compétiteur. Surtout, Daniel Leclercq devrait être à la base du nouveau projet sportif qu’il souhaite résumer en un mot : identité.

Qui pour entraîner Lens en Ligue 2 ?

De nombreux noms ont été avancés cette semaine. Souvent avec justesse. Bruno Metsu a bien refusé, tout comme Ludovic Batelli (qui a accepté Troyes), à qui Lens a proposé un poste… d’adjoint.
Clairement, trois pistes s’offrent désormais à Gervais Martel.
La première mène à une solution interne. En début de semaine, Georges Tournay a été sondé. Il n’était pas tenté. Mais au fil des jours, l’esprit club a fait son chemin, et celui qui a déjà coaché les pros du Racing ne serait plus aussi catégorique.
La seconde piste mène à Jean-Guy Wallemme. Si ce dernier a livré peu de commentaires, notamment par respect pour Jean-Pierre Papin, il a passé la semaine à Lens. Son nom est souvent revenu dans les conversations lors des réunions au golf d’Arras. Cette solution, tout comme celle menant à Georges Tournay, collerait parfaitement au projet soutenu par Daniel Leclercq sur l’identité lensoise.
Enfin, une troisième voie mène vers un technicien plus réputé mais sans filiation avec le Racing. Les noms de Läszlo Boloni, Frédéric Hantz et… Elie Baup reviennent le plus souvent. En fin de semaine, une rumeur provenant de la Gaillette faisait état de l’arrivée d’un technicien qui amènerait un staff complet avec lui. Mais le climat est un peu à la peur en ce moment du côté d’Avion…

Quel budget pour la Ligue 2 ?

Par rapport aux prévisions basées sur une cinquième place en L1, l’écart a été chiffré à 40 millions d’euros. C’est finalement le prix de la descente en L2… La prévision de budget envoyée à la DNCG se situe à hauteur de 25 millions, ce qui est très confortable pour un club de L2. Dix seront pris par les coûts de fonctionnement du club. Il en reste donc 15 pour le projet sportif. La société de marketing sportif Sportfive, dont le directeur général est l’ancien président de l’OM Christophe Bouchet, devrait entrer dans le capital du club et verser 15 millions d’euros lors des quatre prochaines années. Une petite bouffée d’oxygène pour les finances lensoises.

Quelle est l’ambiance à la Gaillette ?

Elle est tout simplement anxiogène. Beaucoup ont peur pour leur emploi. Lors des réunions arrageoises, le sort des salariés du Racing a longuement été évoqué. Gervais Martel l’a confirmé : « Nous avons travaillé sur la masse salariale des joueurs mais aussi celle du club, avec des efforts qui seront demandés à l’ensemble des salariés. Ça n’a pas été une semaine simple, mais elle s’est passée dans la dignité car nous sommes un club de valeur.
 » Beaucoup de joueurs savent déjà qu’un gros effort (jusqu’à 50 % de baisse de salaire) leur sera demandé. Beaucoup ont déjà fait savoir qu’il souhaitait partir (voir page suivante). Un même effort a été demandé aux plus gros salaires de l’équipe dirigeante avec l’espoir de voir le Racing remonter le plus vite possible.

Sébastien VARNIER
Photos Frédéric DOUCHET