Re : Officiel : Repreneur Martel et Mammadov

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Rank: Martel : « La seule victime, c’est le peuple lensois »

Dayan qui explique sa methode pour revendre un club :

Quelles sont les différentes étapes d'un processus de vente d'un club de football ?

Déjà il faut savoir qu'il existe une somme de conventions entre la SA et l'association, les collectivités… Le contexte juridique et politique se veut donc particulier. Après, le vendeur a la possibilité d'utiliser diverses méthodes. La solution utilisée par Dassault à l'époque m'avait paru bonne. Un travail en amont avait été effectué avec la banque d'affaire (un audit du club, une étude du nombre de contrats) et ce avant de définir un processus avec la réception de marques d'intérêt et éventuellement une période d'exclusivité qui permet de finaliser un accord entre un vendeur et un acheteur. Il s'agit là d'un schéma rationnel. Il faut accepter de se couper un bras. Après, regardez à Strasbourg, il peut s'agir comme on dit d'une vente par le haut. L'actionnaire principal a vendu le contrôle de la société qui détenait les autres sans prévenir personne. Ce genre de vente à la va-vite car l'actionnaire n'a plus les moyens de continuer débouche souvent sur l'arrivée de gens qui ont l'impression de faire une bonne affaire mais ne s'y connaissent pas trop… Résultat, vous obtenez une situation politique, sportive, juridique inextricable. Il existe un troisième angle, quand vous avez un acquéreur. Il prend alors contact de manière confidentielle avec le vendeur afin de connaître ses conditions.

Une fois le contact établi, la priorité n'est-elle pas d'établir la solvabilité du potentiel acheteur ?

À la limite, le vendeur ne se pose la question de la capacité financière et opérationnelle de l'acheteur. C'est un élément que demande les autres parties, en l'occurrence l'association, la LFP, les collectivités (la solvabilité des fonds propres, la traçabilité des capitaux). Après, on peut parler philosophie mais ce n'est pas qu'une question de moyens mais plus de savoir faire.

Il est plus facile d'acheter un club que de le faire vivre ?

La partie financière est un des éléments mais pas la partie centrale. Malheureusement, souvent, comme sur le dossier du PSG, il y a cinq ans, il faut aller vite dans le processus de vente. À l'arrivée, ils ont pris un fonds d'investissement qui ne connaissait pas grand chose qui en est venu comme Kita à dépenser beaucoup d'argent car il ne savait pas nécessairement gérer. Ils ont couvert des pertes. Ce n'est pas nécessairement la surface financière qui garantit la qualité du management.

On est toujours surpris qu'un club comme le FC Nantes n'attire pas davantage. En tant que spécialiste de ce genre d'affaires, est-ce compréhensible ?

Oui, c'est compréhensible et en même temps ce n'est pas normal. Compréhensible car c'est un peu comme Paris ou ses grands clubs. Vous vous apercevez que les différents actionneurs ont dépensé et perdu de l'argent pour quel retour si ce n'est des insultes et des problèmes de notoriété ? Ce qu'a récupéré Dassault par rapport à ce qu'il avait mis, c'est rien ! Ce n'est pas très excitant même si Nantes est une belle marque, une belle ville et qu'il existe une histoire. Après, il faut bien comprendre qu'étudier la reprise d'un club prend beaucoup de temps. Ca nécessite d'avoir tous les documents. On m'appelle d'ailleurs régulièrement. Les gens ont toujours l'impression que j'ai des investisseurs sous le bras. Cela n'a jamais été le cas. Ces clubs demandent donc beaucoup de travail, je me répète, il faut une méthode en face. On ne veut pas aller plus vite que la musique et les fenêtres de tir ne sont pas nombreuses. Il y a la trêve du championnat et le Mercato. Les clubs perdent de l'argent depuis deux ans. Le modèle économique qui repose sur la vente de joueurs a fait long feu. On a compris que c'était une forme de cavalerie, donc il y a de moins de moins de gens qui veulent prendre ce risque. Le poids qu'il y a sur un actionnaire est devenu disproportionné par rapport à l'équation économique, au fait que ce sont les joueurs et leurs agents qui ont la main, que les collectivités sont très importantes et qu'ils se demandent à quelle sauce ils vont être mangés.

Ce n'est pas encourageant pour le FC Nantes ?

Moi, j'avais commencé à expliquer tout ça au groupe Dassault au mois de janvier..

Plusieurs actionnaires, c'est une solution difficilement viable ?

Je suis partisan du multipartenariat. Simplement il faut faire des pactes d'actionnaires extrêmement précis. Je trouve que cela correspond bien aux clubs de foot. C'est ce qui existe en Angleterre. Ce qui est important c'est la gouvernance, le management du club. Si vous en avez plusieurs, vous n'en avez pas un qui peut flipper si ça va mal, vous avez un budget, un projet écrit. Après, il faut des professionnels du secteur qui gère. J'ai toujours prêché pour le fait d'avoir un management impliqué dans l'actionnariat, ce n'est pas nécessaire qu'il soit l'actionnaire principal, au contraire. Il n'y a pas beaucoup de gens qui pensent comme moi. Les gens aiment bien avoir leur chose, décider, du changement d'entraîneur car il y a une notion passionnelle qui rentre en ligne de compte très vite. Elle est parfois néfaste au club.

On parle beaucoup du Qatar à travers le dossier de reprise du PSG ou le rachat des droits TV, peuvent-ils s'intéresser à un club comme le FCN ?

Cela va vous paraître déroutant mais je n'en sais rien ! Vous avez un actionnaire, une personne physique qui a acheté le club de Malaga, maintenant il n'y a pas de politique centralisée. On peut simplement dire que la plupart des Qatari sont francophiles, disposent d'une vraie connaisance de notre pays et que les relations géo-politiques sont excellentes. Donc pourquoi pas ? (Luc Dayan a croisé WK à la finale de la coupe de l'Emir)

Pourquoi des noms comme celui de Michel Moulin reviennent souvent dans les discussions ?

Il aime beaucoup le foot. J'ai rencontré par hasard Gravelaine il y a cinq ans par son intermédiaire, J'ai vu qu'il était cité de nouveau. Michel Moulin est un type qui regarde la quasi-totalité des clubs de foot, car il aime ça, il n'a pas nécessairement les moyens personnels de faire l'ensemble de l'opération.

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