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TEMPS LIBRE06/10/2019
LE JOUR OÙ
Le « Druide » a dit stop
PAR GRÉGORY LALLEMAND

Il y a vingt ans, le RC Lens vivait un petit séisme. Daniel Leclercq, le coach qui l’a mené au titre de champion de France en 1998, quitte le Racing. Si sa décision peut alors paraître abrupte elle est en fait mûrement réfléchie.

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« Il est neuf heures du matin ici, il fait déjà 36 degrés. » En Martinique, où il passe aujourd’hui l’essentiel de son temps, Daniel Leclercq se souvient parfaitement de ce mois d’octobre plus frisquet, il y a vingt ans, dans le Pas-de-Calais.

En deux saisons, une finale de Coupe de France, un titre de champion et une Coupe de la Ligue dans la marmite, le coach vient alors d’obtenir son diplôme non officiel de « Druide ». Et de légende éternelle dans l’histoire du club artésien. Le personnage est à part. Sa sortie de scène l’est aussi. Si la grande majorité des entraîneurs est souvent remerciée au lendemain d’une défaite, Daniel Leclercq présente sa démission, le 30 septembre 1999, quelques minutes après… une victoire face à Tel Aviv (2-1) et une qualification pour le deuxième tour de Coupe de l’UEFA. Malgré ce succès, Gervais Martel, le président de l’époque, a compris. Il le reçoit dans son bureau et lance au « Grand blond » : « Je sais ce que tu vas me dire. »
« Le sportif n’était plus le plus important dans ce club », explique aujourd’hui Daniel Leclercq. Francis Collado, directeur administratif et financier, et l’entraîneur sang et or ne sont pas les meilleurs potes de la planète foot. Le Druide ressent que les choix sportifs ne lui appartiennent plus tout à fait. « À l’intersaison, on m’appelle pour me demander ce que je pense de Stéphane Collet, le milieu de terrain de Strasbourg. On me dit qu’il peut remplacer Éric Sikora, qui est lui un arrière droit. Je réponds que Collet, je n’en veux pas. Et là, on me dit : Dommage, on vient de le faire signer . »

Daniel Leclercq, qui vient de fêter ses 50 ans, accuse le coup. Le début de saison en championnat est inquiétant : deux victoires en huit matchs. Alors, il dit stop. « Partir comme je l’ai fait, c’est tout à fait moi, analyse-t-il. Au départ, c’est évidemment un soulagement pour tout le monde. »
Pas pour le public lensois, qui ne comprend pas la décision du natif de Trith-Saint-Léger et lui apporte une reconnaissance en respectant dix minutes de silence, le 16 octobre 1999, lors du match Lens – Montpellier (1-0), le premier à Bollaert de l’après Leclercq. Des banderoles de soutien au Druide fleurissent sous les yeux de François Brisson, son successeur au poste. « Ces marques d’affection m’ont touché et me touchent toujours, vingt ans après. »

TOUJOURS UN ŒIL SUR LE RACING
Dans les Antilles, là même où il était allé fêter, avec les Jean-Guy Wallemme ou Guillaume Warmuz, le titre de champion en mai 1998, il garde un œil attentif sur l’évolution du foot et du club minier. Le RC Lens, créé en 1906, n’avait rien gagné avant lui et n’a plus rien gagné depuis. Sa voix se fait tremblotante. « Cette région et ce public lensois méritent tellement de vivre de beaux moments. Rire et pleurer ensemble, c’est ça le football. C’est ce qu’on a vécu. Et c’est pour ça qu’on l’aime tant. »

Cette région et ce public lensois méritent tellement de vivre de beaux moments.***************