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Entre les lignes : Jérémy Vachoux
Mardi 2 janvier 2017
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Pour ce premier volet d’Entre Les Lignes de 2018, nous vous proposons de vous plonger dans l’univers de Jérémy Vachoux ! De la Haute-Savoie en passant par Saint-Etienne, le passionné de nature et de chiens a su s’entourer des bonnes personnes pour en être là où il est aujourd’hui…
Récit

Jérémy est né le 7 juillet 1994 à Thonon-les-Bains. Il a grandi à Allinges en Haute-Savoie au sein d’une famille soudée avec ses parents et son frère aîné Thomas. Son père employé d’usine et sa mère opératrice en pharmacie vivent toujours dans cette petite ville alors que son frère travaille désormais à Genève où il exerce le métier de chef de projet dessinateur projeteur. Jérémy a toujours adoré cette petite vie paisible et aime retourner en Haute-Savoie pour retrouver sa famille et ses amis dès qu’il en a l’occasion. « Thonon-les-Bains est une très jolie ville. Il y a tout ce qu’il faut. Les paysages sont magnifiques avec notamment le lac Léman et les montagnes qui l’entourent. La vie là-bas est superbe, la nature y est très belle. »
« Rien n’a changé ! »
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Durant sa jeunesse, il aimait profiter de sa région et de ce qu’elle lui offrait. « L’été on se baignait et on faisait de la randonnée, l’hiver on faisait du ski. C’était top ! ». Son seul regret, c’est peut-être, comme il nous l’a confié, qu’il n’y ait pas assez d’endroits pour les jeunes. « Il n’y a pas d’université, il faut aller assez loin pour faire des études supérieures comme à Lyon, Annecy ou Genève. Il n’y a pas beaucoup d’endroits pour sortir. » Ce qui ne l’empêche pas de revenir souvent, notamment pour voir ses proches. « Mes amis d’enfance sont encore là-bas. Ils montent quelques fois dans le nord et dès que je rentre à Thonon-les-Bains, on se revoit avec plaisir, comme avant. Rien n’a changé ! On a toujours les mêmes délires même si on a pris des chemins différents. »
« Le foot, ça ne me plaisait pas ! »

Jérémy a commencé le football à l’âge de 5 ans. Après seulement deux semaines sur le terrain en tant que joueur de champ, il a arrêté. « Ça ne m’a pas plu du tout ! Du coup, j’ai fait un an de judo. Puis, j’ai eu envie de reprendre le foot dans le club de ma petite ville mais cette fois-ci comme gardien. ». C’est sûrement grâce à Fabien Barthez et les Coupes du Monde qu’il a découvert sa vocation, ou peut-être parce que son père était lui aussi gardien de but. « Ou alors je suis devenu gardien parce que j’étais fainéant et que je n’aimais pas courir ! » s’amuse-t-il.

A 12 ans, alors qu’il jouait encore à Allinges, Jérémy a été repéré lors d’un tournoi régional par Sochaux, Lyon et Saint-Etienne. Après plusieurs essais dans ces trois clubs, le jeune gardien a finalement rejoint les Verts. « Depuis tout petit je voulais intégrer un centre de formation et faire du football mon métier ! » raconte-t-il, « Ça n’a pas été compliqué pour moi au début. Je ne me posais pas trop de questions. Je me disait que si d’autres avaient réussi, je le pouvais aussi. » Si Jérémy vivait un rêve, pour ses parents, c’était difficile. « J’avais 13 ans, je ne m’en rendais pas compte. Je vivais mon truc à fond. Quelques années plus tard, je me suis rendu compte que laisser partir comme ça son enfant avait dû être un crève-cœur pour eux. » Plus que cela, ses parents se sont sacrifiés pour qu’il réussisse. « A cette époque, le club obligeait mes parents à venir me chercher tous les week-ends. Six heures de route en tout… Ils travaillaient tous les deux et ce n’était pas évident de suivre ce rythme. Ils ont dû se serrer la ceinture pour moi. Ils m’ont protégé, ils ne me l’ont jamais dit. » Le dévouement de ses proches a payé et ses parents sont fiers de son parcours. « Ils viennent souvent aux matchs à Bollaert-Delelis et se déplacent partout. Ils n’espèrent qu’une chose : que je sois heureux et que tout se passe bien pour moi. ». Il n’oublie pas non plus de remercier Thomas, sur qui il a pu compter depuis toujours, dans les bons comme dans les mauvais moments. « Mon frère et moi sommes très proches, il a toujours été d’un grand soutien. Même sans le vouloir, le fait que l’on soit unis et soudés, ça m’aide beaucoup et c’est très important pour moi. »

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Ses proches
Le footballeur pas très intelligent…

Jérémy est resté sept ans au centre de formation. Pendant tout ce temps où il se perfectionnait au poste de gardien, il n’a pas abandonné les études. « Je ne savais pas si j’allais devenir footballeur professionnel. Et même… une carrière peut s’arrêter du jour au lendemain ! Je voulais avoir un bagage solide au cas où. J’avais aussi envie de casser ce cliché du footballeur qui n’est pas très intelligent… » Même si c’était compliqué, car il ratait beaucoup de cours à cause des obligations liées au foot, il n’a jamais lâché et a obtenu son bac scientifique au rattrapage. « J’ai ensuite fait un an de STAPS. J’ai redoublé ma première année que j’ai validée l’année suivante. »
Malgré le fait qu’il s’entraînait pendant un an et demi avec l’équipe première de l’ASSE, le club a préféré ne pas le faire signer pro. « Je me suis retrouvé trois mois au chômage et j’ai fait un ou deux essais non concluants. » Sans club, Jérémy ne pensait pas qu’une simple « rencontre » providentielle allait changer sa vie…
« Comme un père spirituel »

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Abdou Diaf. Ce nom restera gravé dans le cœur de Jérémy. « Il m’a contacté sur Facebook après m’avoir vu joué à 17 ans lors d’un match de Coupe Gambardella. Il voulait me féliciter et savoir qui j’étais. » Au début, ils s’envoyaient des messages toutes les deux semaines. C’est comme ça qu’ils ont appris à se connaître et que Jérémy a découvert qu’Abdou tenait un centre de formation pour gardiens dans le Sud de la France. « C’était un passionné du poste. Il avait le cœur sur la main. Quand des jeunes voulaient venir en stage dans son centre, même pour une semaine, mais qu’ils n’avaient pas les moyens, Abdou leur payait le trajet, leur achetait des gants… D’ailleurs, quand j’étais à Saint-Etienne, il m’en a offerts à plusieurs reprises. Ça lui faisait plaisir. C’était vraiment quelqu’un de généreux ! Un très grand homme et une belle personne. Je le voyais un peu comme un père spirituel. »

Abdou Diaf

Abdou l’aidait dans les bons comme dans les mauvais moments. « Quand je lui ai dit que je n’avais plus de club après mon passage à Saint-Etienne, Abdou m’appelait tous les jours. Mon agent de l’époque ne s’occupait pas du tout de moi. J’ai pu compter sur Abdou. Il a contacté de nombreuses personnes dont Jean-Pierre Lauricella, déjà à l’époque entraîneur des gardiens à Lens, qu’il connaissait bien ! » Au départ, Jérémy ne devait que s’entraîner avec le Racing mais le destin en a encore une fois décidé autrement. Il manquait un gardien lensois…Seulement une semaine après son arrivée, entraîneurs et dirigeants étaient convaincus. « Tout le monde y a trouvé son compte : moi un club et Lens un gardien. » Six semaines plus tard, Jérémy signait sous les couleurs sang et or !

« C’est vraiment grâce à Abdou tout ce qui m’arrive ! Sans lui, je ne sais pas si j’aurais réussi dans le foot ou alors ça aurait pris plus de temps. Malheureusement, il est décédé le 6 août 2015. Il était gravement malade. » Le gardien se souvient d’une phrase prononcée par son mentor : « J’ai confiance, bientôt tu joueras à Bollaert ». Et il avait raison… « Quand je joue dans notre stade, je pense souvent à lui. Il a toujours cru en moi, même quand je manquais de confiance, que j’étais au chômage, que je n’avais plus de club, que je n’avais plus trop de solutions… J’espère qu’il est fier de moi. »
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« J’ai un de mes tatouages qui est pour lui. L’ange, c’est pour Abdou, qui est là-haut. Il sera toute ma vie à mes côtés. »
Un soutien important
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Si Jérémy a été bien épaulé jusque-là, il n’en oublie pas moins sa compagne Clara avec qui il est depuis 2 ans et demi. « On s’est rencontré en boîte de nuit alors que l’on fêtait le maintien avec la CFA. » L’animatrice en parfumerie est un soutien important pour Jérémy que ce soit au stade où elle est stressée dès qu’il y a un ballon dans la surface lensoise ou dans la vie de tous les jours. « Ce qui est bien, c’est qu’elle respecte mon rythme de footballeur. Par exemple, elle ne me dérange pas quand je dois faire la sieste après le déjeuner. Elle est toujours là pour moi dans les bons moments comme dans les moins bons. Je ne la remercierai jamais assez d’être présente au quotidien à mes côtés ! » Quand Jérémy n’est pas sur les terrains ou avec sa copine, il dévore des séries télé ou des films. « En ce moment, je regarde House of Cards. J’aime beaucoup Game of Thrones. Niveau films, j’adore Gladiator mais je peux regarder n’importe quel genre. »
Une vie de « musher »

Dans quelques années, Jérémy avoue qu’il ne se voit plus du tout côtoyer le monde du sport. Plus que sa passion pour le foot, il est avant tout un grand amoureux de la nature et des animaux. « J’ai trois chiens : un husky, un chien nordique de Laponie et un chihuahua qui est à ma copine. ». Après sa carrière, il aimerait devenir « musher », c’est-à-dire conducteur de traîneau à neige tiré par un attelage de chiens. « Peut-être qu’avec le temps ça changera mais c’est quelque chose que j’apprécierais faire. Avoir plein de chiens de traîneau, des huskys… pour faire visiter une région aux touristes ou pour faire des raids de 2-3 jours en Laponie ou au Canada. Il y a aussi la possibilité de faire des compétitions. Il y a pas mal de courses en Alaska. ».

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