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Rank: Lille 2 – 1 Lens : Un pied dedans !

LENS
Le petit trompettiste de la Marek devenu cadre influent du RC Lens

Fabrice Wolniczak a d’abord joué de la trompette en tribune avant de faire preuve d’un culot monstre pour s’imposer comme commercial. Il est passé par la fenêtre, puis par la porte, pour devenir aujourd’hui un rouage important du Racing qui recevra Ajaccio mardi soir en Coupe de la Ligue (21 heures).
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Même s’il n’en joue plus qu’occasionnellement, Fabrice Wolniczak fait carrière au RCL grâce à la trompette. s’il n’en joue plus qu’occasionnellement, Fabrice Wolniczak fait carrière au RCL grâce à la trompette.
L’histoire débute de manière classique. Fabrice a 6 ou 7 ans lorsqu’il découvre Bollaert et plus particulièrement la Trannin. Il vient d’Auberchicourt en compagnie de son frère et de son père. Gamin,il regardait la tribune Marek comme un lieu sacré, sanctuarisé. Inaccessible. Puis le gosse a grandi, pris de l’assurance au point de s’infiltrer un jour dans le saint des saints et de se retrouver à côté de Régis, l’homme à la grosse caisse. Lui joue de la trompette à l’harmonie, surtout pour faire plaisir à son père. « Les défilés, c’était pas trop pour moi. L’harmonie, c’était une plaie. Par contre, je m’éclatais à Bollaert. » Sa trompette et lui sont admis. Quatorze ans à peine et déjà intronisé au cœur du temple. « Là, tu fais partie du truc… ». Une forme d’adoubement.

Adolescent, Fabrice Wolniczak sort de meilleures notes de sa trompette que de son livret scolaire. Sa mère comprend vite que la menace de le priver de foot peut avoir ses effets. Il met donc en place une stratégie : « Sur les quinze jours qui séparaient deux rencontres, je lâchais d’abord les mauvaises notes, puis les bonnes seulement à l’approche des matches. » Il avait déjà de la suite dans les idées.
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Fabrice Wolniczak (au centre) a longtemps porté le maillot sang et or que lui avait tricoté sa grand-mère.
Il a 17 ans, il découvre qu’on peut faire le tour du stade jusqu’en Lepagnot. Là où il y a les vestiaires, les bureaux, les salons… Il ne tarde pas à repérer la salle qui accueille les VIP après-match. Une fenêtre est entrouverte, juste assez pour y passer la trompette, en sortir un ou deux thèmes tout droit importés du Kop. On le fait entrer, il joue quelques airs, l’assistance suit, et le voilà à table avec les joueurs. « J’étais avec Robby Slater et compagnie. Le coup d’après, tu recommences, puis la troisième fois, on te fait comprendre qu’il ne faut pas non plus que cela devienne une habitude. »

« Je fais mon baratin et je repars avec un bon de commande de cent briquets »
Son cheminement scolaire le mène au SIADEP de Lens où il prépare un BTS action commerciale. Il en profite pour assister aux entraînements, mais il doit aussi trouver un stage en entreprise. Il sollicite Gervais Martel et, en l’absence de réponse, fait le siège du Galibot, journal gratuit de petites annonces fondé par le président du RC Lens. Deux mois durant, il fait le pied de grue dans le hall de l’entreprise. Jusqu’au jour où le téléphone a sonné. C’était Gervais Martel : « Il me donne rendez-vous une demi-heure plus tard dans son bureau. J’avais juste 45 minutes de route. » Le challenge semble aussi improbable que ce que le patron lui propose de vendre : un briquet qui, associé à un pin’s évoquant la mine, devenait le briquet du mineur. Croyant peut-être s’en débarrasser, il propose au jeune commercial de ne revenir qu’après avoir vendu cent de ces gadgets. Fabrice Wolniczak sort de là, première à droite et s’arrête au Fontenoy, le premier bistrot sur sa route. « Je fais mon baratin et je repars avec un bon de commande de cent briquets… » Mission accomplie, moins d’une heure plus tard, il était déjà de retour. Des briquets du mineur, il en a vendu durant ses trois semaines de stage.

Plus tard, c’est cette fois du travail qu’il recherche. Il sollicite le regretté François Doré alors dirigeant du club : « Je lui demande de me laisser entrer encore une fois en VIP après un match afin de faire acte de candidature. Ce soir-là, on prend 4-0 à Bollaert contre Caen. Quatre buts de Gravelaine. Il pleut des cordes, je mets un temps fou pour arriver à la salle, Monsieur Doré m’attend dehors sous la flotte. Tout pour plaire… J’entre, l’animateur me passe le micro et je sors cette phrase improbable : ’’Si une entreprise bouge le petit doigt dans la salle, c’est tout le reste de la salle qui va se mordre les doigts de ne pas m’avoir pris !’’ Et là Gervais me dit : ‘’ Si t’es aussi chiant dans les affaires qu’avec moi…’’ Et il m’a donné ma chance. »

Sa trompette est entrée par la fenêtre, lui par la porte
C’est ainsi que le trompettiste est entré au Galibot à Hénin-Beaumont avant d’intégrer le RC Lens un peu plus tard.

Il en est aujourd’hui le directeur commercial, dirige le marketing, la communication interne et externe en relation avec le groupe Lagardère Sport pour qui il a travaillé, garde un œil sur ce qui se passe au stade (VIP, salons, séminaires, sponsoring…) sur le stade désormais placé sous la responsabilité de Laurent Hochart qui a aussi en charge les relations avec les supporters.

En résumé, il intervient sur tout ce qui est hors finances et hors sportif et rend compte de son activité directement à Arnaud Pouille, nouveau directeur général, et Gervais Martel, président du club. On est loin du briquet du mineur…

A l’origine, sa trompette est entrée par la fenêtre, lui par la porte. Personne n’imaginait alors qu’un destin était en train de s’écrire. Celui d’un jeune homme assez fou pour croire en ses rêves. Et oser les vivre.

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