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RC Lens – Alain Casanova : « Je n’ai qu’une envie, retrouver la Ligue 1 »
Publié le 29/08/2016

Le technicien lensois (54 ans) nous a reçus mercredi dernier pour évoquer ses deux premiers mois à la tête du Racing et ses ambitions élevées pour un club qu’il porte en haute estime. Ce qui justifie son exigence de tous les instants.

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Trois joueurs attendus avant la fin du mercato
Lens ne décolle pas, Casanova se fâche

Deux mois après votre arrivée, avez-vous le sentiment de pouvoir bien travailler, vous et votre staff ?

« Tout à fait. Je ne pensais pas trouver d’aussi bonnes conditions à tous les niveaux, sur le plan structurel, sur le plan humain… Je ne pensais pas trouver d’union entre toutes les composantes du club, ni autant de qualités dans certains domaines, comme la formation. Aujourd’hui, tout est mis en œuvre au club pour qu’on se sente bien, pour qu’on fasse une bonne saison, et qu’on ait la possibilité de tenir nos objectifs. Si on peut regretter certaines choses, par exemple des mouvements de joueurs qui dans mon esprit n’étaient pas prévus, je pense à Gbamin, Cyprien, à la volte-face de Landre, ou à l’arrivée tardive de certains joueurs, l’équipe et le jeu que l’on veut voir se met en place. Même si notre début de saison est je dirais moyen, ce à quoi je m’attendais un peu, il me donne confiance. Je pense qu’on va monter en puissance. »

Les départs de Gbamin et Cyprien n’étaient pas actés dès le départ, vu la situation financière ?

« Je l’ai un peu appris après, qu’il y avait un engagement vis-à-vis de la DNCG… Vous savez, j’ai toujours fonctionné comme ça, notamment à Toulouse où on travaillait main dans la main avec le président, il y avait des exigences économiques pour faire vivre le club, elles passaient avant le sportif. Si je sentais que le club avait besoin de ça pour vivre, j’étais le premier à dire on vend tel joueur et on va se débrouiller. La nécessité de vendre, je la comprends, mais je pensais qu’au moins un des deux resterait avec nous. »

Vous êtes arrivés après un épisode nébuleux, la reprise du club par une entité luxembourgeoise (Solferino) et la prise de pouvoir de l’Atlético Madrid. Aujourd’hui, comment fonctionne le club au quotidien, avec qui avez-vous des rapports dans le travail ?

« J’ai des rapports avec tout le monde. Au quotidien, surtout avec Jocelyn (Blanchard), avec lequel il y a une bonne relation et une bonne collaboration dans le travail. C’est quelqu’un qui s’est mis très vite au service de l’équipe. Il a passé de très mauvais moments ces dernières années, même si ce n’est pas à moi d’en parler (le directeur sportif n’était pas impliqué par Antoine Kombouaré). En tout cas, il a senti tout de suite qu’il était repositionné à un poste important à mes yeux. J’ai une grande satisfaction à travailler avec lui et toute la cellule. Après, concernant tout ce qui est dossiers administratifs, transferts, c’est une relation, moins quotidienne, avec Didier Roudet. Et ensuite occasionnellement, notamment pendant le mercato, on fait souvent le point avec Gervais Martel. Ensuite, j’ai une relation particulière avec les gens de l’Atlético, parce que je parle espagnol, avec Ignacio Aguillo et Alberto Marrero (Diaz), une des personnes importantes de l’Atlético. Je les ai rencontrés quand j’ai été contacté, je les ai connus juste avant que je signe. C’est une relation qui s’instaure quand il y a des besoins. Alberto peut proposer des profils, on en discute ensuite avec Jocelyn. »

Votre culture espagnole, notamment par votre double nationalité, ça facilite les rapports avec eux, la compréhension, une vision commune du jeu ?

« Oui, mais je pense qu’ils ont découvert aussi que, si je suis un entraîneur qui aime le jeu de possession, j’aime aussi l’intensité offensive et défensive. Ça se rapproche des principes et de ce que peut faire (Diego) Simeone avec l’Atlético. C’est bien qu’il y ait une certaine continuité aussi. »

On parle beaucoup de l’Atlético Madrid depuis la reprise mais sentez-vous un réel investissement humain dans la gestion ?

« Bien sûr, il y a une implication totale. Ignacio (Aguillo) est le garant, notamment sur le plan financier, du groupe Solferino. Il y a une relation très forte entre lui et les trois décideurs du club (Martel, Roudet, Blanchard). Je sais qu’elle existe même si je ne sais pas combien de fois ils s’appellent par jour. Cela concerne la gestion, mais aussi le domaine sportif, pour nous recommander certaines directions dans le recrutement, certains profils. Nous faire partager leur savoir, leur connaissance… »

On imaginait voir débarquer un ou deux joueurs du club madrilène en prêt, mais cela ne s’est pas fait. Pourquoi ?

« Il en a été question, mais dans les profils proposés, ça ne correspondait pas toujours aux profils recherchés de notre côté. Il a été question d’un milieu offensif, mais il collait trop à ce qu’on avait déjà recruté, et d’un défenseur central, quand il y a eu la question Landre, mais le temps qu’on y réfléchisse sérieusement, le joueur avait été transféré au Portugal entre temps. »

Vous avez rapidement annoncé l’objectif de remontée, ce qui vous a illico mis la pression de l’environnement extérieur… C’était en concertation avec les dirigeants ou votre volonté ?

« On en a discuté mais je voulais vraiment qu’on ait cette exigence, malgré un contrat de deux ans, malgré des discussions où on se disait que ça pourrait prendre cette direction. Je voulais l’imposer à tout le monde, à moi-même, au staff, mais aussi à tout le club. Quand on dit qu’on a le temps, tout le monde se relâche inconsciemment. »

Sur le papier, en attendant la fin du mercato, et au regard des nombreux changements opérés dans le club cet été, cela parait ambitieux, non ?

« Oui, mais je suis très ambitieux. Si je suis venu ici, c’est parce que je suis ambitieux. Je ne veux pas être présomptueux mais je me considère comme un entraîneur de L1 qui travaille en L2 dans un club de L1 qui se trouve en L2. Je n’ai qu’une envie, c’est de retrouver la Ligue 1 avec ce grand club qui m’a fait confiance, qui compte sur moi et mon staff. Vous savez, arriver dans un club comme celui-là et dire qu’on a le temps, eh bien je trouve que ça ne cadre pas avec le contexte de ce club. Ce n’est pas pour ça que si on ne monte pas, ce sera un échec total, on aura sans doute des satisfactions. Mais aujourd’hui, je veux que tout le club ait une grande exigence. »

Tout est de niveau L1 mais le recrutement a dû être réalisé sans véritables moyens…

« J’ai toujours pensé que ce n’est pas en alignant vingt très bons joueurs que vous allez avoir des résultats. Moi, je crois beaucoup au collectif, je travaille pour ça. Mais pour qu’il fonctionne, vous allez me dire qu’il faut des individualités. Aujourd’hui, si j’ai une petite préoccupation c’est sur la quantité de joueurs que j’ai. On a de la chance que Bellagarde, Duverne, Chouiar montrent des choses rapidement… Mais c’est sûr qu’on est un peu justes. Je sais que d’ici fin de mercato, il va y avoir des arrivées, que le groupe va prendre de la valeur. Et je sais qu’en terme collectif le groupe va continuer à progresser, gagner en constance. »

Seulement, ici, la pression populaire est constante, quand ça va bien et quand ça va mal…

« Oui, je m’en aperçois un peu ici, on remet vite en question, alors que le foot ça demande de la sérénité, un peu de patience, et de la confiance en ses moyens. Je ne m’affole pas, ça fait 40 ans que je suis dans le foot pro, je sais comment les choses se passent. Ici, après une victoire, on atteint des sommets, après une défaite, tout s’écroule… »

Ça vous amuse finalement ?

« Ça m’interpelle. Mon entourage sait que j’ai refusé des offres en L1 parce que ca se rapprochait trop de ce que j’ai connu à Toulouse. J’ai toujours fait ce métier là pour savoir où sont mes limites, qu’elles soient sur le plan du jeu, le mental, la pression populaire… Aujourd’hui j’ai la chance d’être dans un des grands clubs français, avec l’un des plus grands public de France, c’est même le numéro un, je le dis sincèrement. Mais je sais très bien ce qui peut se passer, je sais très bien l’attente qu’il y a autour de ça. .

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