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Pizza et Paella pour la Ligue 2


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atletico de lensLe championnat de Ligue 2… pardon, de Domino’s® Ligue 2 débute vendredi 29 juillet. L’événement est le retour du RC Strasbourg dans une ligue professionnelle, 6 ans après son dernier match dans ladite ligue (qui ne portait pas encore le nom d’un fabricant de Pizzas). Le RC Strasbourg faisait figure de chaînon manquant des clubs de villes majeures de l’hexagone dans le football professionnel. Equipe d’une des plus grandes villes du pays, ancien champion de France (en 1979), le RC Strasbourg a navigué de psychodrames en tempêtes dans des verres de Gewürztraminer depuis les années 1980. Pourtant, le club bénéficie d’un soutien populaire à la hauteur de la taille de l’unité urbaine : l’an dernier, en National (3ème division), le club enregistrait une affluence moyenne de 16 000 spectateurs (affluence susceptible de faire rêver nombre de clubs de Ligue 1). Avec un recrutement intelligent et un budget conséquent (12 millions d’euros), le club alsacien devrait rapidement fréquenter la partie supérieure du tableau.
Seulement 2 accessions directes

Le retour de l’ogre strasbourgeois va accentuer la difficulté d’un retour vers l’élite lors de cette saison où seules les 2 premières places sont directement synonymes d’accession (le troisième jouera un barrage contre le dix-huitième de Ligue 1). Les fraichement « redescendus » (Reims, Gazelec, Troyes) livreront une lutte sans merci à un panier élargi de féroces prétendants (Le Havre, Sochaux, Valenciennes, Auxerre, Brest, Red Star, …). Il faut ajouter à cette liste d’impétrants longue comme le bras le RC Lens. Le club artésien, lui aussi ancien champion de France (en 1998), n’a dû sa survie qu’à la bienveillance de la DNCG, sans doute inspirée par d’amicales recommandations : de même qu’il ne faut pas désespérer Billancourt, le club des damnés de la terre (et de la mine) ne peut pas disparaître, quand bien même sa gouvernance aura été chaotique pendant des années.
L’après-Mammadov

Fort heureusement, le RC Lens peut maintenant s’appuyer sur un homme neuf, le charismatique président… Gervais Martel. Tel le sparadrap au doigt du capitaine Haddock, Gervais Martel colle au RC Lens pour le meilleur et pour le pire. Le pire fut sans doute Hafiz Mammadov, l’homme d’affaire azerbaïdjanais, tombé en disgrâce alors qu’il promettait la ligue des champions au peuple « sang et or ». Dans l’affaire, le pittoresque Mammadov aura laissé quelques millions de sa fortune plus ou moins personnelle en Artois, permettant à peine au RC Lens d’assainir ses finances. Fini les investisseurs sulfureux, le RC Lens repart sur des bases saines. Les nouveaux partenaires sont une société luxembourgeoise (nécessairement respectable…) dénommée Solférino et… l’Atletico de Madrid.
L’industrie du spectacle sportif n’est pas une industrie comme les autres

Il faut se pincer pour y croire, l’Atletico de Madrid,l’un des clubs ayant battu des records d’endettement en Europe (et encore endetté à l’heure de sa prise de participation dans le RC Lens), a investi des fonds (qu’il ne possède donc pas vraiment) dans un club historique français au titre de son « développement international ». Cette information ébouriffante suscite au moins trois remarques :

. Le RC Lens manque de clairvoyance dans le choix de ses partenaires. Plutôt que de se tourner vers des investisseurs aux reins solides, le club artésien papillonne de margoulins en « Ponzilins ».

. Un partenariat avec l’Atletico Madrid peut difficilement être gagnant pour les « sang et or » : si le club lensois gagne de l’argent demain, ce gain risque d’être mobilisé pour contribuer au désendettement de la « filiale » espagnole. Quant aux joueurs lensois les plus prometteurs, ils devraient filer promptement vers la capitale espagnole : leur capacité à générer des flux de recettes sera supérieure dans un club qui joue la Ligue des Champions…

. L’industrie du spectacle sportif n’est pas une industrie comme les autres. On ne peut considérer les prises de participations ou les acquisitions de concurrents (ou de fournisseurs) comme des événements « normaux » de la vie du secteur. Les clubs doivent rester des rivaux par essence pour que la compétition sportive, base de la création de richesse, puisse exister de façon crédible. L’UEFA devrait, à l’évidence, interdire toute forme de prise de participation d’un club dans d’autres clubs. Pendant que l’UEFA sommeille, notre Autorité de la Concurrence, capable d’auto-saisine, pourrait s’intéresser de plus près à ces participations par essence malsaines : il n’y a pas que les petits arrangements entre Canal et BeIn dans le foot !

Comme le résume Gervais Martel, « une nouvelle histoire est en marche » au RC Lens. En marche sur un chemin tortueux….

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