Bollaert sera rénové, Lens peut souffler

Des stades qui accueilleront l’Euro, certains sont déjà achevés. Celui de la Métropole Lilloise par exemple ou encore St-Denis, depuis des lustres. D’autres sont en construction, ou rénovation (Marseille ou Nice). Enfin, quelques-uns attendent toujours que la première pierre soit posée. A Lens, depuis le 20 mai 2011 et la date de sélection des stades pour l’Euro-2016, Félix-Bollaert n’a cessé de faire parler de lui. De la touche à la titularisation définitive il n’y a qu’un pas. Lens a tout connu, alimentant pendant plusieurs mois la rubrique éco. des différents titres de presse. Un verdict rendu donc ce soir. Retour sur 16 mois de réflexion, de déclarations, de décisions.

A peine choisi parmi les stades de l’Euro-2016, le doute sur la faisabilité d’un nouveau Bollaert, ou du moins d’une complète restauration, s’est manifesté. Et si la crise financière actuelle en est la principale cause, la situation sportive artésienne ne prêtait guère à l’optimiste et ne favorisait pas l’apport de garanties suffisantes ou l’arrivée d’un nouvel actionnaire. Si bien qu’il y a un an, presque jour pour jour, Daniel Percheron, président de la région, ne se montrait pas vraiment confiant quant à la situation « complexe » du stade et annonçait fin novembre 2011 comme date butoir de la décision.

Un cadeau à 30 M€ et un espoir de retour ?

A la veille de Noël, le Crédit Agricole Nord de France, actionnaire majoritaire du club, par l’intermédiaire d’Alain Diéval, en charge du dossier, annonce la nécessité de trouver 30 millions d’euros d’ici le début du printemps 2012. En effet, si la rénovation devait coûter aux alentours de 80 M€ HT (somme du moment), il était indispensable d’avoir « un recours bancaise de 30 M€ pour que l’opération soit conduite ». Gervais Martel, président d’alors et actionnaire minoritaire, se penche sur la piste d’un nouvel actionnaire. Début janvier, David Douillet et le ministère des Sports ont reçu l’ensemble des acteurs concernés par le dossier de Bollaert. Pour rappel, le financement de l’enceinte lensoise s’appuyait sur le Conseil régional Nord-Pas-de-Calais à hauteur de 25 M€, de l’Etat (12 M€) et de la Communauté d’Agglomération Lens-Liévin (12M€). Le CANF (Crédit Agricole Nord de France) montrait également sa volonté d’apporter sa contribution en apportant le financement manquant à la Maîtrise d’ouvrage « dans le cadre de prêts. La contribution du Conseil général du Pas de Calais (10 M€) consisterait en une subvention d’exploitation tout comme celle de la société SPORTFIVE (4 M€)». Mais fallait-il encore rétrocéder le bail emphytéotique valorisé à hauteur de 16 M€. Le début d’une longue attente autour d’un investisseur potentiel.

Sous pression, Bollaert bénéficie d’un nouveau délai

Fin mars, David Douillet et Daniel Percheron transmettaient une lettre à Guy Delcourt, maire de Lens, et à Gervais Martel dans le but d’accélérer la concrétisation du projet de rénovation. Une dizaine de jours plus tard, le ministère des Sports accordait un délai supplémentaire, fixé au 17 avril, dans le but de transférer la maîtrise d’ouvrage, condition sine qua non à la finalisation du projet. Mais l’infructueuse recherche d’un investisseur potentiel, une piste sur laquelle avait jeté son dévolu Gervais Martel, a, pendant un temps, fait vaciller totalement le dossier. L’accord rendant la Région disponible pour être Maître d’oeuvre du projet avait expirant au 30 juin dernier. Guy Delcourt, dans le journal l’Equipe, avait confié qu’il s’agissait d’un « véritable crève-coeur » de renoncer à cette rénovation, et même « d’un gâchis ».

photo : butfootballclub.fr

Bollaert-Delelis va finalement voir le jour

Et alors que l’espoir de voir un Bollaert rénové s’était envolé chez tous les fans artésiens, le premier magistrat de la Ville de Lens annonçait, le 20 août dernier, que le permis de construire de l’enceinte artésienne avait été déposé le 17 août, rallumant la flamme de voir le dossier adopté définitivement par la région avant le 30 septembre. Ne restait qu’aux principaux acteurs de finaliser le financement du projet, étape franchie lors d’une réunion réunissant le maire de Lens, Guy Delcourt, le préfet du Pas-de-Calais, les présidents des agglomérations de Lens-Liévin et Hénin-Carvin, un délégué du Conseil régional, Michel Faroux, directeur adjoint du Crédit Agricole ainsi que Gérard Lévêque et Luc Dayan, respectivement directeur général et président du RC Lens. Tenue le 17 septembre dernier, elle a permis aux différentes parties de se mettre définitivement d’accord sur la répartition des 70 millions d’euros HT nécessaire à la rénovation de Bollaert (25 M€ Conseil régional, 12 M€ de l’Etat, 10 M€ du département, 12 M€ du CALL et 25 M€ prêtés par le Crédit Agricole au Conseil régional). Le vote, effectué aujourd’hui par le Conseil régional (Maître d’ouvrage), a validé ce projet de 83 M€ TTC qui verra donc un nouveau stade Bollaert éclore. Ce dernier, rebaptisé prochainement Bollaert-Delelis, accueillera bien l’Euro-2016 et évitera de devenir « une friche sportive à côté du Louvre ». Plus qu’un stade, l’enceinte lensoise méritait bien cela, ses supporters aussi.

Laurent Mazure

5 commentaires

  1. Illustration du profil de blandiacum

    Dommage que l’on arrive pas à monter une équipe enfin « compétitive » avec le deuxième budget de L2!!!!!

  2. Illustration du profil de Talisker

    Il était essentiel de ne pas ceder l’opportunité de moderniser ce stade. Imaginez vous la situation d’un club de ligue 2 se faisant pietiner par un departement ou il y une attraction sportive et ce a 40 bornes a peine de notre bassin minier….. Et bien on se serait fait bouffer la tronche mais comme il faut y compris pour l’evenementiel.
    Bollaert se fera et j’en suis le premier satisfait. Si un jour le club va mieux, On connaitra un nouveau souffle. Il faut quand meme l’esperer un jour.

  3. Illustration du profil de flams62300

    Juste une remarque c’est que malgré l’acharnement des anti-capitalistes et des fanatiques incultes du racing et de la gestion d’un club et bien moi je souligne quand même le prêt du CANF, 25M c’est pas rien et pour un société majoritaire qui projéte soit disant l’abandon du club ou même une revente à profit et bien cette action permet de laisser penser que ça ne sera peut-être pas le cas.
    Maintenant il faut bien une renovation parce que dans peu de temps les infidéles du racing partis trop tôt vers la start up lilloise vont regagnés le navire au vu des resultats.

    1. Illustration du profil de laurentm

      +1 Flams !

    2. Illustration du profil de Al3X

      En effet c’est bien de le préciser, surtout après toutes les critiques qu’ils ont du essuyer!

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